L'«Überfremdung» des années 70
Fondation d'un «parti anti-Italiens» à Zurich
Depuis son logement qui tombe en décrépitude, Albert Stocker explique les buts du groupuscule qu’il...
Différentes opinions sur «l'initiative Schwarzenbach»
Dans ce document, les déclarations xénophobes de James Schwarzenbach font face aux réponses du...
Schwarzenbach présente son initiative
durée: [04'46''] TSILe politicien James Schwarzenbach expose devant la caméra les arguments en faveur de son...
«J'aime la Suisse mais m'aime-t'elle?»
Enquête menée par Temps présent à propos de l’initiative Schwarzenbach en 1970 en Suisse...
A Olten, assemblée des délégués de l’Action nationale, le parti d'extrême-droite fondé en 1961...
Tous opposés à la troisième initiative contre la surpopulation étrangère
Un médecin iranien, un chauffeur de taxi italien, une gouvernante danoise, un pâtissier allemand,...
Votée par le Parlement en 1973 à un moment où le débat sur la surpopulation étrangère atteint son...
Kurt Furgler sommé de démissionner
durée: [01'43''] SF: Echo der ZeitTumulte dans la salle du Conseil national lorsque le parlementaire nationaliste Markus Ruf...
Contexte
La notion de surpopulation étrangère, ou «Überfremdung» dans son appellation alémanique, a dominé le débat politique suisse dès la fin des années 60 et pendant près d'une décennie. Utilisée d'abord par l'administration fédérale, la thématique a été habilement récupérée par quelques tribuns politiques pour canaliser les peurs d'une partie de la population tenue à l'écart du miracle économique de l'après-guerre. L'idée était que l'installation massive de travailleurs immigrés en Suisse représentait un véritable danger pour l'«identité suisse», menacée d'altération, voire d'anéantissement.
En 1961 était fondée à Zurich l'«Action nationale contre l'emprise étrangère du peuple et de la patrie» dirigée essentiellement contre les immigrés italiens. Ce mouvement xénophobe a connu un premier point culminant en 1970, avec une initiative populaire exigeant une limitation de la population étrangère à 10%, la fameuse «initiative Schwarzenbach», du nom de son auteur, le conseiller national James Schwarzenbach. Rejetée de peu par 54% des votants, l'initiative a suscité une large mobilisation et a assuré la notoriété de l'Action nationale dans tout le pays. Elle a également ancré durablement la thématique de la surpopulation étrangère. En l'espace de trente ans, quatre autres initiatives xénophobes du même acabit ont été soumises au verdict populaire (1974,1977,1988 et 2000).
Si elles ont fait grand bruit en Suisse et également à l'étranger, aucunes de ces initiatives n'est parvenue à obtenir ni l'approbation du gouvernement ni celle du peuple. Pourtant, sous la pression conjointe de l'économie et de l'opinion, l'idée de surpopulation étrangère a été intégrée à la politique fédérale dès le début des années 1960 et jusqu'à nos jours. Ainsi en 1970, quelques mois avant la votation sur l'«initiative Schwarzenbach», le Conseil fédéral introduisait le principe d'un contingentement annuel de travailleurs immigrés. Un fil rouge qui a guidé la politique d’immigration suisse, de la politique des quotas à la politique dite «des trois cercles» des années 90, remplacée par un système d'admission distinguant les ressortissants de l'AELE et de l'Union européenne du reste du monde.