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Contexte
«Kaiseraugst», «Rothenturm» ou l’«Initiative des Alpes»: ces termes évoquent des débats suisses de dimension sociopolitique. La lutte pour la protection de la nature et de l’environnement suscite de nombreuses émotions et creuse de nouveaux fossés.
Les répercussions de plus en plus négatives de l’expansion économique sur l’environnement culminent au plus tard au début des années 70 du siècle dernier avec divers mouvements de protestation. Certes, la Suisse connaît des organismes qui, très tôt, s’engagent dans la protection de l’environnement : la «Ligue suisse pour la protection de la nature» (Pro Natura aujourd’hui) depuis 1909, la «Protection du patrimoine» depuis 1905 et le WWF depuis 1961. La loi relative au reboisement pour la protection de la forêt date même du 19ème siècle. Suite au mouvement des années 68 toutefois, la protection de l’environnement est politisée et «l’écologie» devient une notion clé.
Les mouvements anti-nucléaires contre la construction prévue de la centrale nucléaire de Kaiseraugst thématisent l’exigence d’une énergie produite de manière propre. L’initiative Rothenturm pour la protection des tourbières de montagne associe la création d’une identité helvétique également avec la conservation d’une riche diversité d’espèces. Ces mouvements connaissent de premiers succès partiels et attirent l’attention de la population suisse sur ce problème. C’est d’ailleurs de cette époque que date également la fondation du Parti écologiste suisse en tant qu’instrument politique en faveur de la nature et de l’environnement.
En matière d’environnement, beaucoup de choses ont changé apparemment, mais les améliorations sont encore trop insuffisantes. Les tâches et les actions à mener ne cessent de croître. La protection de la nature et de l’environnement ne se limite plus depuis longtemps à la Suisse seulement. La protection de l’environnement dans ce pays exige également un engagement dans la question de la mondialisation. Depuis la disparition du Rideau de Fer, la délocalisation des sites de production s’est renforcée, notamment vers la région de l’Asie du Sud-Est.
La production à bon marché en faveur de nos marchés a des répercussions sur l’environnement, les structures de la société et la santé des habitants de ces pays. La Déclaration de Berne par exemple qui, depuis 1976, lutte aux côtés des mouvements suisses de protection de l’environnement avec le slogan «Du jute, pas de plastique», se consacre aujourd’hui à un travail d’information et de coordination en faveur d’un engagement moderne, profond et mondialisé pour l’environnement. Le principal objectif à l’heure actuelle est une poursuite de la réduction des effets de serre dans le pays et à l’étranger.